Pétrole Au Maroc!

Source: NOTES ET COMPTES RENDUS ( Le pétrole au Maroc )

Dès 1914, des suintements d'huile avaient été découverts en bordure du Rif et à l'Est de la plaine du Rharb, ce qui entraîna plusieurs sociétés privées à s'intéresser à la recherche pétrolière au Maroc. Ces prospections se firent d'une façon fragmentaire. De 1919 à 1928, moins de 5 000 mètres avaient été forés ; trois sondages seulement atteignaient ou dépassaient la profondeur de 300 mètres. La législation minière marocaine prévoyait en effet l'attribution des permis de recherches , si bien que les moindres indices d'huile avaient provoqué une véritable « course aux permis », dans le plus complet enchevêtrement des zones de recherches.

En avril 1929, un organisme officiel, le B.R.M. «Bureau dé Recherches et de Participations Minières », par fusion de plusiéurs sociétés de forage et mit sur pied, après entente avec l'Office National des Combustibles liquides, avec la Compagnie Française des Pétroles et avec un groupé privé, la Financo, Société Financière Franco-Belge de Colonisation, la « Société Chérifienne des Pétroles» (S.C.P.) puissante organisation de prospection d'hydrocarbures dans le pay se trouvait ainsi créée. En 1934 elle enregistrait une découverte importante: le gisement du Jebel Tselfate ( Le Djebel-Tselfat est une montagne qui se dresse à 40 km au nord de Meknès, à 15 km à l'est de Petitjean -sidikacem-, et dont le point culminant atteint 806 mètres. C'est, en réalité, l'extrémité d'une ride jurassique qui s'étend vers le nord depuis Moulay Idriss, soit 25 km environ ). Sondages et études géologiques se poursuivirent faisant jaillir le pétrole du gisement de Aïn Hamrà et du BôuDraa ( épuisés de nos jours) qui constitua pour le Maroc un appoint précieux. A partir de 1947, les prospections se multiplièrent, s'étendant sur un vaste secteur en arc de cercle entre Sidi Kacem et Meknès, mais jusqu'en 1950, la production resta faible, atteignant à peine 40 000 tonnes par an. A partir de 1951, la S.C.P. disposa d'un millier de permis de recherches couvrant les régions du Rharb et du Prérif, contre 497 permis en 1946, et bénéficia d'un Service géologique bien organisé, d'un matériel de sondage moderne et d'un personnel très qualifié. Les découvertes successives de poches d'huile sur les bordures de l'oued Beth, en aval d'El Kansera, des gisements de Sidi Fili, Bled Eddoum, Bled Khatara et Zrhaar, puis le champ de Haricha, portèrent successivement la production de 75 667 tonnes en 1951 à 118 000 tonnes en 1954 . En 1954, la S.C.P. couvrait de ses permis la presque totalité du Rharb et du Prérif et forait à la cadence de 100 000 mètres de sondages par an. De 1948 à 1954, la production du pétrole brut accusait une progression rapide : 13 000 tonnes en 1948, 17 500 t en 1949, 39 000 t en 1950, 75 000 t en 1951, 101 000 t en 1952, 102 000 t en 1953, 118 000 t en 1954. A cette date, la production en pétrole brut représentait 15 % des besoins du Maroc, évalués alors à 700 000 tonnes par an; l'ensemble des réserves des nouveaux gisements représentait environ 2 millions de tonnes d'huile, tandis que deux petits gisements de gaz méthane, découverts depuis 1952, étaient exploités dans la région de Kenitra et de Sidi Kacem. Le déclin des champs pétrolifères du Rharb fit bientôt baisser à moins de 100 000 tonnes la production marocaine de pétrole: on enregistrait en 1960, 92 335 tonnes et en 1961 seulement 80 000 tonnes, baisse de 13 % par rapport à la production de 1954. Au moment où la production se stabilisait autour de 100 000 tonnes par an, les recherches de la S.C.P. se portèrent sur la région d'Essaouira (ex-Mogador) et elles aboutirent en 1958 et 1959 à la mise à jour de gisements de gaz situés au Jebel Jeer, Jebel Kechoula, à proximité de Safi, où on projetait d'édifier un complexe chimique, avec des réserves estimées à 800 millions de m3. En 1961 des structures pétro lières étaient reconnues à Guettata et Sidi Ghalem, à 40 km au Sud-Est d'Essaouira. Les équipes sismiques furent mises en service à partir de septembre 1961 et le puits de Sidi Ghalem commença à produire en novembre 1961; la prospection, Recherches et sondages étaient entrepris par les Italiens qui, au cours de l'année 1961, entreprirent l'étude géologique des zones de Foum-el-Hassane, de la Hammada de Tindouf, du rebord du massif cristallin d'El Aïoun-du-Drâa et firent quatre sondages, dont celui de PuertoCansado, effectué à 4000 m de profondeur, se termina en novembre 1961. Depuis le début de 1964, les compagnies pétrolières intéressées dans la recherche des hydrocarbures au Maroc, sont au nombre de cinq: la S.C.P. (Société Chérifienne dès Pétroles); la Preussag (société allemande travail lant en liaison avec le B.R.P.M.); la S.O.M.I.P. (société marocco-italienne des Pétroles, filiale d'Agip-Minéraria); la Pétrofina (société belge) et la Canadian Delhi (société américaine). Toutes ces sociétés agissent en liaison avec le B.R.P.M. En 1963-1964, la S.C.P. avait comme secteurs de prospection la région du Rharb, celle d'Essaouira et d'Agadir avec une partie du Souss et un morceau des hauts plateaux du Maroc oriental. La zone des Doukkala Abda était affectée à la Preussag, la région du Draa à la Pétrofina, celle de Tarfaya à la S.O.M.I.P., tandis que la Canadian Delhi était ressée par la région du Tafilelt et des hautes plaines de l'Est. Les sondages, effectués en 1964, ont été dans l'ensemble décevants. La S.C.P. a réalisé quatre sondages négatifs dans le Sous, le Rharb, la Moulouya et la région d'Essaouira. En 1961, la S.C.P. découvrait le gisement de pétrole à Sidi Ghalem. Ce pétrole est acheminé par un oléoduc à Safi. En 1962, la production pétrolière marocaine s'est élevée à 124000 tonnes environ, et celle de gaz naturel à environ 9 millions de mètres cubes. L'ensemble de cette production a été traité au Maroc, dans la raffinerie de Sidi Kacem, propriété de la SCP, mais un appoint important en pétrole brut ou raffiné a dû être acheté à l'étranger. En 1963, la S.C.P. a traité au total 233 975 tonnes de pétrole brut (contre 230 454 tonnes en 1962): 144 379 tonnes de pétrole de provenance locale; 18 180 tonnes de pétrole soviétique; 71 416 tonnes de pétrole d'Edjeleh (algerie). En dehors de la S.C.P., il existe une autre raffinerie, la S.A.M.I.R. (Société Anonyme Marocco-Italienne de Raffinage) installée à Mohammedia, au Nord de Casablanca. Cette raffinerie a été créée par le B.E.P.I. (Bureau d'études et de participations industrielles), organisme d'études et de réalisations pour le développement industriel du Maroc, et par le groupe italien E.N.I. (Ente Nazionale Idrocarburi). La localisation de cette raffinerie à Mohammedia, petit port de la côte atlantique, se justifiait par le fait que, sous le protectorat, le petit port de Fedhala était déjà équipé de réservoirs et d'installations pétrolières assez importantes. Cette raffinerie fonctionne depuis 1962 ; elle a une capacité de production de 1 500 000 tonnes de pétrole raffinée Le stockage et la distribution des produits pétroliers est assurée par de vastes moyens que représentent les tankers, les wagons-citernes les gros camions-citernes qui sillonnent les routes marocaines. Le réseau de distribution se compose de stations-service et de dépôts de vente est aux mains de la compagnies pétrolières, étrangères et nationales. Parmi ces compagnies, se placent en tête: les réseaux de distribution Shell, B.P., Mobil, Esso Standard, Total, Agip, et celui de la S.M.P.P. (Société Marocaine des Produits Pétroliers). L'approvisionnement en pétrole, outre les importations de pétrole raffiné, est surtout fourni par les deux raffineries de Sidi Kacem et Mohammedia. La première alimente surtout la région Nord du Maroc, la zone du Rharb, les villes de Meknès, Fès, Oujda tetouan et Tanger; l'extension de ses ventes atteint la région de Casablanca. La seconde ravitaille en produits pétroliers le Sud du Maroc et le littoral atlantique, particulièrement d'importantes agglomérations comme Safi marrakech ou Agadir.

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Raffinerie De Sidi Kacem

Créée en 1929 par l’Etat marocain (représenté par le Bureau de recherches et de participations minières), la SCP a oeuvré dans le cadre d’une mission nationale, d’abord pour être un outil de développement de l'activité de prospection pétrolière, puis celles de raffinage du pétrole brut et de l’emplissage de gaz et de produits lubrifiants. Les premières prospections pétrolières sont couronnées dès les années 1930 par la découverte du gisement de Jbel Tsalfet (région de Sidi Kacem), - le premier gisement pétrolier en Afrique et dans le monde arabe.

Face à l’augmentation de la demande des produits pétroliers, la Société s’est engagée dans un développement progressif de ses capacités, en passant des stades de recherches et prospection au stade d'exploitation en costruisant en juin 1954 la nouvelle unité de raffinage (T T C ) dont l'imposante superstructure a transformer la physionomie de Sidi Kacem ; pour ètre la première raffinerie moderne du pays ; l’entreprise décide de se lancer dans l’activité GPL (Gaz de Petrole Liquifié), en construisant le premier centre d’emplissage de butane à Sidi Kacem. face à l'insuffisance et puisement des gisements, la SCP a continué à alimenter la raffinerie en acheminant du pétrole brut importé à travers un pipeline déjà existant. "Celui-ci avait été construit par les Américains dans les années 1950 et était destiné à alimenter la base de Sidi Slimane" En 1965, la SCP acquiert le pipe de 8 pouces, reliant le port de Casablanca à Sidi Slimane et le prolonge jusqu’à Sidi Kacem.Ce pipeline, se trouvant au départ dans la nature, traverse des zones urbaines, notamment Hay Riad et l'Agdal, et traverse Salé et Kénitra, présentant de ce fait de gros risques pour la population. Ce pipe long de 185km sera saturé en 1980, poussant la SCP à utiliser les wagons pour compléter le transport du brut entre Sidi Kacem et Mohammedia. Un nouveau pipe de 14 pouces reliant ces deux villes a été mis en service en 1997, capable d’acheminer jusqu’à 3 millions de tonnes par an. le Projet global de modernisation lancé du nouveau pipeline sera donc sûr, éloigné et d'une capacité importante il permet ,le transport sûr et peu coûteux et pourra approvisionner les zones du Gharb et du Nord en produit. En 1997 C’est le groupe suédois Corral qui a entamé la première phase de privatisation de la SCP, en rachetant 66,5% de son capital, puis les 4% restants aux mains de l’Etat en 1998, avant d’enclencher le processus de sa fusion-absorption avec Samir, concrétisée en mai 1999.

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